Un grand labse de temps s'est imposé entre mon dernier article et celui-ci..
Un temps pour esperer, un temps pour s'inquieter, un temps pour pleurer, un temps pour écrire..
C'etait une journée banale.. Mais toujours avec un stress a l'interieur de moi, celui qui regnait chez moi. Depuis samedi soir, elle est allée a l'hopital, est-ce la fin ? ou seulement un frayeur ? C'est grave ? Elle sortira quand ? tu penses avant les fetes de Pessah ? Tant de questions embrouillaient mon esprit..
C'etait mardi 15 avril, 11h30, sortie du cours de math, je vois que ma mere m'avait laissé un message, je ne l'ecoute meme pas, je crains deja le pire. La sonnerie retentie, elle est longue : " Allo ? C'est Alicia, il se passe quoi ?"..
Mon père est parti d'urgence voir ma grand-mere, tu me dis qu'elle est mourante..
Et que donc mon pere ne poura venir me depose a 14h, comme si cela m'importait..
Tu raccroches, je suis là, face au destin, les remords me rongent.. Mais pourquoi maintenant ?
Je rentre chez moi en vitesse, passe l'apres-midi chez moi a travailler pour oublier ce qui se passe, de toutes les façons j'etais incapable d'aller en cours..
Sauf qu'aujourd'hui c'est l'anniversaire de la mort de mon grand-père. Non, pas aujourd'hui, ce jour est deja bien triste.
On va la synagogue, j'ai un stress en moi qui ne part pas, comme si je passais un examen. Je ne comprends pas..
Fin de la prière 20h00, le portable d'Estelle sonne, c'est mon pere, il veut parler a ma mere..
Elle revient en pleurant, Lala est morte.
Je reste figer, je vais dehors, mais les larmes ne viennent pas. Pourquoi ? Suis-je une petite fille aussi indigne ?
Puis mes cousines sont là.. Cela nous rapelle tous des mauvais souvenirs, le même jour, nous avions deja perdu notre grand pere..
Direction Creteil..
J'arrive, les dras recouvrent les miroirs comme le veut la tradition..
Son corps est là, allongée, deux bougies sont pres d'elle, beaucoup d'hommes prient..
Mon père est là, c'est si dur d'aller vers lui..
Et puis accompagnée de ma soeur, on s'approche, il pleure deja, comme ça me fait mal de le voir dans cet état.. Et les larmes arrivent et ne s'arreteront plus jusqu'a chez moi..
C'est fini, je lui dit au revoir..
Mercredi. On va au cimétiere pour faire la priere sur la tombe de mon grand-père. Je vais au lycée comme si de rien n'etait, je me concentre sur les cours pour oublier tout ça..
Mon pere partira en Israel ce soir, ils l'enmenent pour toujours..
Elle va pouvoir enfin se reposer apres 5 ans de souffrances. Elle passera pessah dans la prospérité et dans un monde meilleur, Amen.
Les jours se suivent, les un apres les autres.. Tous presque aussi semblables..
Les regrets montent en moi, pourquoi ne l'ai-ja pas vu plus souvent ? Et puis de toutes les façons, cela ne sert a rien de me rendre malade, c'est tant pis pour moi..
Chaque sourire qui me vient au visage me fait culpabiliser de plus belle, comment aller bien alors qu'on vient d'enterrer ma grand-mere la plus chere a mes yeux ?..
C'etait un femme avec qui je ne dialogue que part des gestes, signes, sourires..
C'etait Lala.
Celle qui faisait les meilleures galettes que je n'ai jamais gouté, celle qui se levait la nuit, le vendredi soir, pour voir si sa dafina cuisait toujours, celle dont je porte le nom..
Parce qu'elle ne se plaignait jamais, parce que je me rapellerai toujours qu'elle s'enervait quand ma soeur et moi coupions nos cheveux, parce qu'elle ne voulait pas que les gens qui vennaient chez elle nous voient de peur qu'ils nous donnent le mauvais oeil, parce que je me rapellerai toujours les shabbatot que je passais chez elle, parce que je me rapellerai toujours cette nuit. C'etait le kolnidré, et tout le monde etait parti a la syna sauf moi, il faisait noir, le minuteur s'etait eteind, alors j'ai arreté de lire et je suis partie me coucher sur le canapé, et tu etais là, tu me regardais. Tu es restée comme ça de nombreuses heures jusqu'a que mon pere arrive..
Parce qu'elle laissera un vide immence que personne ne pourra combler..
Tu es partie, maintenant tu ne souffres plus. Mais tu nous manques tellement..
Tu resteras a jamais ma Lala, celle que j'aimais tant...